Traces Jouées

Traces Jouées

10 janvier 2010  |  Publié dans Traces jouées


Notre ambition est de donner à regarder, à écouter, à sentir des scènes particulières de certaines de nos créations passées, pourtant toujours si proches de nous-mêmes – que nous avons eu le bonheur de présenter dans une vingtaine de pays.
Ces extraits de spectacles retrouvés forment une part profonde de notre mémoire émouvante. En nous les ré-appropriant pour les rendre visibles aujourd’hui, nous nous sommes aperçus que ces scènes montrent une variété de formes et de langages du théâtre de marionnettes, d’objets et d’ombres. Parce que notre besoin enfoui de se laisser glisser au fil du temps est immense, les thèmes mythiques et légendaires que nous explorons sont aussi cette part de nous-même universelle qui relie chaque être au monde. En ce sens, ils conservent une étrange actualité. C’est un voyage imaginaire que nous proposons en invitant chacun à regarder, écouter ces scènes de « grandes histoires » qui n’ont pas de lien apparent.
Puisque le but d’un voyage est le parcours lui-même, le nôtre n’a pas d’autre objectif que de partager ces quelques moments. À l’arrivée, les marionnettistes en découvrent les coulisses, comme le commencement d’un autre parcours…

Christian Chabaud

Déroulement des scènes présentées

Au début, le groupe de spectateurs (70/80) s’installe au sol sur la moquette centrale entourée des éléments scénographiques de sept spectacles : fresques de pierre, grands ciels-écrans de théâtre d’ombres, castelet de marionnettes à gaine… Les scènes vont être jouées autour du public…

TRISTAN ET YSEULT (1982) d’après la légende celte et les textes du XIème et XIIIème
siècles

Sous une grande bâche translucide, les lampes des marionnettistes-spéléologues découvrent les étranges formes figées du Roi Marc et de sa cour figurés par un menhir et des fresques primitives sculptées. Tristan,
marionnette formée d’un casque d’acier aux yeux flamboyants et d’une cape va se dresser sur la voix incantatoire du conteur celte, pour combattre le Morholt…

LA LÉGENDE D’YVAIN (1990–1994) inspiré par les travaux de Georges Duby, Michel
Foucault…

Le ciel du grand théâtre d’ombres s’éclaire sur les silhouettes des chevaliers guetteurs de désert. Le
Bossu-fou s’inquiète du soleil tombé dans sa bosse. Les villageois maugréent : Yvain, l’enfant des bois, a vu le croisé maudit. C’est le temps des cathédrales. Et la fête des fous.

DISPARUS DANS LA LUMIÈRE-TEMPS (1984) -d’après les livres des morts de l’Égypte ancienne

Deux marionnettistes embaument une statuette égyptienne. Le sarcophage est fermé. Le voyage d’Anaï vers les dieux commence. L’ombre de la barque solaire glisse. Le dieu-Ibis inscrit le destin d’Anaï. Anubis à tête de chacal ouvre la voie.

LE VOYAGE BLEU D’ULYSSE (1995) d’après L’Odyssée de Homère

Le ciel s’éclaire. La mer est turquoise. Les compagnons d’Ulysse rament en cadence. Sous son casque, le vainqueur de Troie sait que le chemin du retour est perdu. Les dieux l’ont abandonné. Lorsque le ciel s’éteint, les marionnettistes portent le guerrier blessé (pantin bardé de cuivre et de cuir) vers les marches
ocres d’Ithaque…

LE JARDIN PÉTRIFIÉ (1985) d’après La Divine Comédie de Dante Alighieri en co-création avec la compagnie J.P. Lescot

Parmi les nuées, la barque de Charon avance doucement au milieu des spectateurs. À l’avant, Dante (marionnette-Bunraku de velours écarlate, tête et mains d’ivoire) lève lentement le visage, une main sur le coeur, l’autre vers l’horizon. Le poète évoque la prise de sa bonne ville de Florence par les Valois…

DOM JUAN OU LE FESTIN DE PIERRE (1988–1993) texte de Molière

Dans le castelet, Piarrot et Charlotte (marionnettes à gaine) se chamaillent. Sur violons, viole et clavecin baroques entre Dom Juan, hiératique (marionnette à baudrier, style Bunraku, portée à hauteur d’homme par un marionnettiste masqué à la vénitienne).

La voix du séducteur souffle : « L’hypocrisie est un vice à la mode…». Sur son coffre de voyage, Sganarelle (comédien) est subjugué. Dans le ciel, l’ombre géante du Commandeur attend. Au loin, la ville est endormie.

La statue du Commandeur invite Dom Juan à lui donner la main…

LA CONFÉRENCE DES PAPILLONS (2009) inspiré par un apologue de Alexandre Dumas

Musique douce d’une ballade à la guitare de Butch McKoy.

Un papillon de papier blanc volète dans les fresques de pierre. Une caisse en bois glisse dans un rayon de soleil. Naît un enfant de papier. Il joue, apprend à marcher, Le papillon s’approche. Le petit homme tente d’attraper le papier de papier qui volette autour de lui. Puis, l’enfant grandit. Devenu adulte, il court au ralenti, suit le papillon à travers l’espace…

Quand la lumière revient en salle, le voyage s’achève doucement.

La conversation s’amorce doucement avec les marionnettistes. Puis, celles et ceux qui le souhaitent les suivent « derrière » les ciels-écrans, visitent les coulisses, s’essayent à la manipulation des personnages, échangent sur le sens des scènes qu’ils ont vues, des différentes formes animées…
Si l’ensemble des scènes présentées dans TRACES JOUÉES dure une quarantaine de minutes, la rencontre qui suit est sans limite… autre que celle imposée par les horaires du chauffeur du car !

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Conception, mise en espace, marionnettes : Christian Chabaud
Textes : Nicole Charpentier, Jean-Pierre Lescot, Dante Alighieri, Molière
Musiques originales et espaces sonores : Philippe Angrand
Assistant à la réalisation : Nicolas Charentin • Musique additionnelle : Butch Mc Koy
Interprétation et manipulation (alternance) : Philippe Angrand, Christian Chabaud, Nicolas Charentin, Philippe Pasquini
Avec les voix de André Pomarat, Christian Chabaud, Jean-Pierre Lescot, Yves Bletzacker

production Daru-Thémpô

Depuis leur « création », les TRACES JOUÉES ont été accueillies par le Théâtre de l’Agora – scène Nationale d’Évry
le Théâtre du Beauvaisis – scène conventionnée jeune public le Théâtre Jeune Public – centre dramatique d’Alsace et de Strasbourg les Giboulées de la Marionnette de Strasbourg le Théâtre de Brétigny – scène conventionnée du Val d’Orge les villes de La Norville, Ste-Geneviève-des-Bois, Palaiseau, St-Germain-lès-Arpajon (avec le soutien de la région Ile-de-France et du conseil général de l’Essonne)

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Plus de détails sur nos prochains rendez-vous

Le rossignol de l'empereur de Chine Zao (à partir de 7 ans - d'après Andersen) Théâtre du Lucernaire (53, rue Notre-Dame des Champs - 75006 Paris)
à 16h du 20 avril au 19 juin 2010 - les mercredis et samedis
et du 20 avril au 1er mai 2010 - du mardi au samedi
Représentations supplémentaires les 20 mai et 3 mai à 10h30

Réservation obligatoire : 01 42 22 66 87
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